Sandwich #6 - La dolce far niente
Publié
2025.11.19
Lecture
5 min
Auteur
J-F Dubé
En 2025, j’ai adopté des habitudes que je n’aurais jamais pensé intégrer à ma vie. Celles qui me rendent le plus fier, et qui ont eu l’impact le plus profond, sont la course et la musculation. Et après des centaines d’heures d’entraînement et d’apprentissage, j’ai découvert une vérité qui m’a surpris : pour progresser, il faut savoir… s’arrêter.
En musculation, les jours de repos sont essentiels. Les fibres musculaires subissent de micro-déchirures pendant l’effort, et c’est pendant le repos, pas pendant l’entraînement, qu’elles se réparent, se renforcent et deviennent plus résistantes. Sans récupération, pas de croissance, pas de gains, pas de progression.
En course, c’est la même logique, mais avec un autre système. Les jours de pause permettent au cœur et aux poumons de s’adapter : augmentation de la capacité à transporter l’oxygène, baisse du rythme cardiaque au repos, meilleure efficacité cardiovasculaire. En clair : tu deviens plus endurant non pas quand tu cours… mais quand tu récupères de ta course.
Cette idée dépasse largement l’entraînement. C’est pour moi une fondation de vie : le repos n’est pas un frein, c’est une stratégie.
Faire moins pour pouvoir faire plus.
L’art de ne rien faire : la capacité qu’on a tous oublié
En 2025, on est bombardé d’idées qui suggèrent que « ne rien faire » c’est de la paresse. Pourtant, tous les chercheurs sérieux, et les moines zen avant eux, répètent la même chose : c’est un outil de performance, de santé mentale, et franchement… de survie dans un monde qui te tire dessus à grand coup de mitraillette à notifications.
Avec l’hiver qui arrive et le froid qui nous force à rester au chaud, c’est le meilleur moment de te donner cinq raisons pour lesquelles le doing nothing est probablement la pratique la plus sous-estimée de ta vie.
1. Le calme, ce n’est pas un luxe, c’est ton système d’exploitation
Quand tu t’arrêtes, ton esprit se décante comme de l’eau après une vague. Le Zen ne voit pas ça comme de la paresse, mais comme un acte de lucidité : observer au lieu de réagir. De la sagesse.
C’est là que tu passes du mode « je suis mes pensées » au mode « je vois mes pensées passer devant moi ».
Résultat : tu redeviens présent, lucide, humain… et un peu moins en train de courir après une vie qui passe trop vite.
2. Le recadrage cognitif : transformer les fuck you de la vie en motivation
Le vrai superpouvoir mental, ce n’est pas le positivisme forcé, c’est le reframing.
C’est cet instant où tu réalises que oui, ça a fait mal… mais que tu peux choisir l’histoire que tu te racontes après. Rupture? Échec professionel? Mauvaise nouvelle? Tu ne nies rien, tu réalignes tout. Et avec le temps, ton cerveau recâble littéralement sa manière de répondre aux coups durs.
Tu deviens ce genre de personne qu’on regarde en se disant : « Wow, comment il·elle fait pour tenir debout? »
Réponse : tu ne tiens pas, tu recadres.
3. Le “rien” qui travaille pendant que tu te reposes
Ironiquement, quand tu ne fais rien, ton cerveau… travaille fort.
Il active son Réseau du Mode Par Défaut (DMN), cette zone qui fabrique ton identité, assemble tes souvenirs et t’aide à comprendre ce que tu veux vraiment.
C’est le moteur secret de la créativité, de la cohérence intérieure et du “BEN OUI!”.
Sans cet espace, impossible de faire du travail profond, impossible d’avoir des idées complexes, impossible de savoir qui tu deviens.
L’inaction? C’est juste de la réflexion en background.
4. Ne rien faire, c’est littéralement un vaccin contre l’épuisement
On n’est pas des machines (apart moi à League of Legend). Et à force de vouloir prouver qu’on peut tout faire, on finit par rien faire. Pire : quand on vit hyper-connecté, on tombe dans le piège de l’“email apnea” (oui, on retient notre souffle devant nos courriels.)
Hello le cortisol. Hello le système nerveux sympathique qui pense qu’on se sauve d’un tigre.
Une pause, un silence ou même une respiration profonde, et hop : le cerveau switch de mode, le danger disparaît et tu redeviens un humain fonctionnel et normal (presque).
Ça paraît simple… parce que ça l’est.
5. En ralentissant, tu vas plus vite (no joke mon chum!)
Dans un monde où tout clignote, ton attention est ton bien le plus rare.
Ne rien faire, c’est reprendre le contrôle de ta propre auto. C’est décider ce qui mérite ton temps… et ce qui t’en vole. C’est comme si tu cessais enfin de courir… et que la vie commençait à te suivre.
Les Italiens appellent ça la dolce far niente. Mais, contrairement à ce que Julia Roberts veut nous faire croire dans Eat Pray Love, pas besoin d’être assis sur une terrasse à Rome pour y goûter. (Même si, pour l’avoir fait… disons que ça aide énormément.)
Je vous lance un défi : une fois par jour, pendant dix minutes, ne faites absolument rien. Regardez la neige tomber, fixez le plafond, laissez-vous juste… être là. La première fois, c’est un peu bizarre — presque inconfortable. Puis, tranquillement, ça devient normal. Et même évident.
Extrait de mon livre de recette

J Fritz Rumpf
J’ai découvert ce photographe qui crée des photos minimalistes capables de déclencher en moi un drôle de mélange : un calme profond… et une curieuse curiosité. Ce que j’aime avec l’art minimaliste, c’est sa capacité à nous faire réfléchir à beaucoup, justement parce qu’il n’y a presque rien. C’est un peu la version la plus saine de « trop penser », une sorte d’overreact poétique, où l’esprit s’emballe pour rien, mais dans le bon sens.
J. Fritz Rumpf n’a jamais vraiment caché sa fascination pour les dunes. Pour lui, ce ne sont pas seulement des formes de sable : ce sont des créatures vivantes, sculptées par la lumière, capables de changer d’humeur d’un instant à l’autre. Il adore la manière dont ombres et reflets transforment ces paysages en scènes dramatiques, pleines de lignes mouvantes et de couleurs qui semblent inventées. Découvrez-le sur son Instagram.







Voici quelque chose à vous mettre sous la dent afin d’apprécier les premières bordées de neige et en profiter… pour ne rien faire. 100% piano, 100% chillo.
Top 1000 des affaires qui me rend heureux
#980 – Donner un cadeau que t’as fait toi-même
#979 – Le silence dehors pendant une averse de neige
#978 – Le courriel de confirmation après avoir acheté des billets d’avion
#977 – Un enfant qui te fait un calin
#976 – Recevoir un voice de quelqu’un qui te donne de ses nouvelles
Voir la liste complète
Les fêtes sont dans un mois l’ami. Si t’as pas le privilège de pouvoir ralentir pendant cette période, fait le avant. Pèse sur pause.
REÇOIS LE
PROCHAIN.
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